Parmi
les monuments de Menilles, l'église saint Pierre - saint Paul, bâtie
à mi-côte près des dépendances du château, est à l'origine une construction
de la fin du XIIIè. De nombreux remaniements au cours des siècles
qui suivirent en firent un édifice remarquable par son allure et sa richesse.
La
façade est constituée par une tour massive légèrement déportée,
où se dessine un portail richement agrémenté de sculptures. Ce portail classé,
daté de 1562, est en plein ceintre. Une grande baie avec cinq profondes voussures
comportant plusieurs rangées de pampres, feuillages frisés et dais gothiques flamboyants
découpés à jour abrite des figurines portant les instruments de la passion. Les
scultptures ont souffert du temps et probablement de la révolution française.
De plus grandes figurines aujourd'hui disparues devaient orner les consoles situées
aux ébrasements ainsi que sur les contreforts.
Les
vantaux en bois des deux portes présentent 14 personnages sculptés parmi
lesquels on reconnait St Georges en armure romaine, St Sébastien,
St Martin, ainsi que les apôtres St Pierre et St Mathieu.
Le
clocher, élevé en 1805, abrite la cloche et l'horloge réceptrice
moderne en remplacement de l'ancien mouvement mécanique déposé
vers 1970.
La
large nef, longue de cinq travées qui prennent jour par les fenêtres des étroits
bas-côtés, est séparée de ceux-ci par des arcades à doubles piliers cylindriques.
Elle est épaulée à l'extérieur par des contreforts
à étages moulurés. Du côté sud, de deux travées voûtées sur
croisées d'ogives semblent être d'une construction antérieure au XIVè
siècle. La voûte en lambris, semblable à une coque de navire retournée,
est typique des églises normandes. Le statuaire est composé de représentations
des douze apôtres ainsi que de St Vincent et Jeanne d'Arc.
Les
fonts baptismaux de la fin du XVè siècle ou début XVIè méritent particulièrement
l'attention. La cuve hexagonale sculptée porte visages d'angelots et oiseaux,
ainsi qu'une double rangée de pampres rappelant le passé vinicole
de Menilles.
De nombreuses
pierres d'obits (pierres commémoratives de messes données pour le repos
de l'âme d'un défunt) sont encastrées dans les murs des bas-côtés.
A
l'entrée du choeur, à gauche, une pierre de dédicace de l'église rappelle
sa consécration le 17 octobre 1514 par Toussaint Varin, évêque de Thessalonique.
Une chapelle seigneuriale y est ouverte au début du XIXè. Depuis
une récente restauration, les tableaux qui y étaient accrochés, peints au couteau
dans le style pré-impressionniste par le Comte Antoine de la Rochefoucauld,
ont été déposés et remisés. Le retable à hautes colonnes et boiseries peintes
en trompe l'oeil et doré à la feuille a retrouvé la croix de bois qui le coiffait.
Au-dessus du maître-autel, une peinture, la Vierge aux Donateurs, est une
reproduction d'une oeuvre de Van Dyck exposée au Louvre.