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1791, un ingénieur parisien du Roi nommé Clavaux tentait de faire approuver
la construction d'un canal du Loir à l'Eure, distant entre Courville/Eure
et Illiers/Loir de 17 km. Le projet devait permettre de réduire considérablement
la distance navigable entre Orléans et Rouen puis de rendre à l'Eure,
au débit parfois insuffisant, sa navigabilité par un apport d'eau du Loir
abondant. Par peur que le flot rapide du Loir ne provoque des crues de
l'Eure, les commissaires désignés par les communes concernées rejetèrent
le projet.
La réalisation très attendue d'une ligne de chemin de fer entre Dreux et
Louviers est présentée en 1867. Alors que les terres nécessaires à la construction
de la voie sont expropriées, une pétition signée en 1870 par 105 artisans commerçants
agriculteurs et vignerons menillons, déposée auprès du Duc d'Albuféra président
du conseil d'administration du chemin de fer de la vallée d'Eure, demande
la construction d'une gare de marchandises à Menilles. Afin d'appuyer la
demande, des estimations de trafic de marchandises passant par la gare de Menilles,
pour être exportées vers Paris et Rouen, font état d'un acheminement
plus de 400 t par an : soit 80 t de veaux et porcs, 1 t de produits laitiers, 40 t
de lait, 200 t de céréales, 53 t de laine, vins et pommes à cidre, 30 t de paille
et fourrage, 10 t de fruits.
La construction de la gare de Menilles est commencée en 1891. Elle comprend
un bâtiment pour l'accueil des voyageurs et le logement du chef de gare, un hall
sur quai pour le chargement et le déchargement des marchandises, des voies de
garage, une grue de manutention ainsi qu'une bascule pour le pesage des wagons.
Trois passages à niveaux et leurs traditionnelles maisonnettes de briques sont
construits. Leurs habitants sont des employés du chemin fer occupés à entretenir
la voie ainsi que leurs épouses chargées de déplacer les barrières pivotantes
en bois aux passages des trains.
Pendant la seconde guerre mondiale, la ligne est utilisée par les troupes
allemandes. Aux trains tractés par les locomotives à vapeur des années 1920 avec
leur haute cheminée, sont accrochés des wagons plats portant mitrailleuses et
trois soldats pour protéger les convois d'éventuelles attaques aériennes. Pendant
plusieurs décennies, jusqu'à la généralisation des transports routiers, le chemin
de fer est un moyen de communication indispensable pour la vie économique locale.
Les derniers trains de voyageurs circulent en 1950, quant au trafic de marchandises
il cesse en 1989. | |
| | Aujourd'hui
comme tous les autres jours, M. Baptiste, seul employé à la gare de Menilles
remplit ses fonctions de chef de gare auxquelles s'adjoint la vente des billets
aux voyageurs, l'enregistrement des marchandises au départ et la réception de
celles à l'arrivée. Le premier trafic du matin, est l'autorail de 8h en provenance
de Dreux allant vers Louviers. Les trains, tous omnibus, s'arrêtent
dans toutes les gares. La voie unique imposant les croisements à Cocherel,
le passage d'autorail dans l'autre sens est pour bientôt. Puis ce sera vers 10h
l'arrêt d'un train de voyageurs circulant vers Rouen. A 11h, arrêt d'un
train de marchandises à destination de Louviers puis retour vers Dreux
avec nouvel arrêt à Menilles vers 15h. En fin d'après-midi, vers 17h, retour
du train de voyageurs du matin, puis vers 20h, nouveau croisement d'autorail. | |